Le ministre du Logement veut mettre fin au logement social "à vie"
- Naila Khelifi
- 17 nov. 2025
- 2 min de lecture

©ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP AFP/ Publié le 14 novembre 2025- écrit par Brickly
Le ministre du Logement veut remplacer l’attribution “à vie” des HLM par des baux renouvelables, une mesure contestée par le mouvement HLM qui pointe surtout la pénurie de logements.
Le ministre de la Ville et du Logement Vincent Jeanbrun souhaite mettre fin au principe de l'attribution "à vie" d'un logement social, a-t-il déclaré dimanche, une mesure phare de son programme mais contestée par le mouvement HLM, pour qui ce principe n'existe pas.
"Moins de 8% de rotation dans le logement social en 2023, c'est beaucoup trop peu. Pour restaurer plus de fluidité, je serais favorable au passage à un bail +trois-six-neuf+, avec une réévaluation régulière par les bailleurs sociaux qui permettrait de s'adapter à la taille du foyer ou à des mutations professionnelles, et avec une meilleure mobilité d'une commune à l'autre", explique Vincent Jeanbrun dans un entretien au JDD, alors que 2,87 millions de ménages sont en attente d'un logement social.
"Des fausses bonnes idées"
Cette mesure, qui reprend celle de l'ex-ministre du Logement Guillaume Kasbarian, figurait dans son "plan banlieues" présenté en juin. Vincent Jeanbrun souhaite désormais mettre ce sujet au débat avec les acteurs de la profession et les élus. Chaque année, les bailleurs adressent aux locataires de logements HLM une "enquête ressources". Si les revenus d'un locataire augmentent, ce dernier peut être contraint de payer un surloyer.
Si ses revenus augmentent très fortement, il peut être contraint de quitter son logement dans un délai de 18 mois au bout de deux années de dépassement.
Cette règle peut toutefois ne pas s'appliquer selon le lieu où se situe le logement ou la situation personnelle de la personne, notamment son âge. Le mouvement HLM et les associations de défense des locataires estiment de leur côté que le problème n'est pas le maintien d'un locataire dans un logement social mais l'absence de solutions de sortie.
"Des fausses bonnes idées qui démontrent une méconnaissance des besoins du logement social", avait commenté à la mi-octobre Inaki Echaniz, député PS des Pyrénées-Atlantiques.
Réforme du DPE en discussion
Concernant le diagnostic de performance énergétique (DPE), le ministre du Logement envisage d'offrir la possibilité aux propriétaires d'étaler leurs travaux de rénovation.
Le DPE donne une note de A, pour les logements les plus performants, à G, pour les plus énergivores. Depuis le 1er janvier 2025, les logements G ne peuvent plus être mis en location.
"En s'engageant sur plusieurs années, ils peuvent continuer à louer", souligne le ministre, ce qui constitue selon lui un "juste partage des économies d'énergie entre propriétaire et locataire permettant de financer la rénovation". Une réforme du DPE devrait par ailleurs faire sortir au 1er janvier 2026 quelque 700 000 résidences principales de la catégorie des passoires énergétiques, selon le gouvernement.





















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