Respirer chez soi : encore un luxe pour certains foyers
- Naila Khelifi
- 17 juil. 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 29 sept. 2025

© LAURE BOYER / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP - Publié le 17 juillet 2025
La qualité de l’air dans les logements français s’est globalement améliorée depuis 15 ans, mais certains foyers restent exposés à des niveaux de pollution élevés, selon les premiers résultats d’une étude nationale.
La qualité de l'air intérieur des logements s'est globalement améliorée en quinze ans en France métropolitaine, en partie grâce à de nouvelles règlementations, mais une partie des habitations connaissent une pollution toujours élevée, selon les premiers résultats d'une étude publiés jeudi 10 juillet.
Si la qualité de l’air extérieur est soumise à une surveillance continue pour de nombreux polluants, ce n’est pas le cas pour celle de l’air intérieur des logements, explique l'Observatoire de la qualité des environnements intérieurs (OQEI), porté par le Centre scientifique et technique du bâtiment et l'Anses.
Une baisse globale
Une nouvelle "campagne nationale logements" a donc été menée dans l'Hexagone, entre novembre 2020 et février 2023, pour documenter l’évolution de la qualité de l’air depuis la première (2003-2005).
Mesures de qualité de l’air, caractéristiques des logements, des ménages et des équipements, activités domestiques (travaux, ménage, cuisine, tabagisme…), perception du confort ont été pris en compte.
L’étude a été menée dans 571 logements — maisons et appartements — de 321 communes, avec 1.516 personnes interrogées. Sa méthodologie permet d’extrapoler les résultats à l’échelle des 30 millions de résidences principales.
Les premiers résultats concernent les composés organiques volatils (COV) et semi-volatils (COSV), le dioxyde d’azote (NO2), les particules fines (PM2,5) et le radon. Premier enseignement: une baisse globale, en 15 ans, des concentrations en COV, aldéhydes et particules.
Évolution des dispositions règlementaire
La diminution est "particulièrement marquée" (plus de 80%) pour les COV chlorés, souvent utilisés comme solvants ou désinfectants dans de nombreux produits de bricolage, industriels ou domestiques.
Elle est notable pour le formaldéhyde (présent dans les émissions de produits bois, -28%), les particules fines (PM2,5, associées au tabagisme, au trafic routier et autres activités de combustion, -33%), le benzène (trafic routier et activités de combustion, -47%).
Pour l'observatoire, cela s'explique "en partie par l'évolution des dispositions règlementaires": interdiction de certaines substances dans les produits de construction ou les pressings, étiquetage obligatoire des produits de construction, réduction des émissions de polluants dans l’air ambiant, incitation à diminuer le tabagisme...
Mais "dans une partie du parc de logements, les concentrations observées dans l’air intérieur restent supérieures à des valeurs" de référence, notamment pour la santé. C'est le cas pour les particules fines (dans plus de sept logements sur dix), le radon (gaz radioactif d'origine naturelle, 8% des habitations), le formaldéhyde (6%), le dioxyde d’azote (3%), le benzène (1,4%) et le trichloroéthylène (0,05%).
L'observatoire appelle à la vigilance, voire renforcer les efforts contre les émissions de polluants associés à des effets cancérogènes, comme le benzène, le tétrachloroéthylène et le benzo(a)pyrène: "leur simple présence est source de préoccupation".




















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