Canicule : 3 700 morts, 1 logement sur 3 en surchauffe, la Fondation pour le Logement tire la sonnette d’alarme
- Naila Khelifi
- 26 juin 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 3 oct. 2025

© Shutterstock- Ecrit par Naila Khelifi- Publié le 26 juin 2025.
Un tiers des logements en France restent de véritables pièges thermiques. La Fondation pour le Logement des Défavorisés tire la sonnette d’alarme avec une nouvelle étude et une proposition de loi.
« Chaud dedans ! » La précarité énergétique ne se limite plus à l’hiver. Désormais, les fortes chaleurs transforment des milliers de logements en véritables fournaises, parfois inhabitables pendant plusieurs semaines. Un phénomène encore largement absent des priorités politiques, mais que la Fondation pour le Logement des Défavorisés (ex-Fondation Abbé Pierre) dénonce dans son rapport 2025, publié ce 25 juin.
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L’organisation alerte sur l’explosion de ces logements « bouilloires », qui deviennent invivables dès que le thermomètre grimpe. Une urgence à la fois sociale, sanitaire et climatique.
Un problème structurel
Même si l’été 2024 n’a pas été le plus chaud des dernières années, 42 % des Français affirment avoir souffert de la chaleur chez eux. Une donnée révélatrice d’un problème structurel, et non conjoncturel, selon Christophe Robert, délégué général de la Fondation : « Cela souligne que le problème est amené à s’aggraver fortement avec la récurrence des étés caniculaires. »
Les plus exposés ? Les jeunes, les personnes âgées, les ménages précaires ou encore habitants de quartiers populaires, chez qui les protections solaires font cruellement défaut. Pourtant, ces gestes simples (volets, stores extérieurs, brasseurs d’air) restent l’une des meilleures barrières contre la surchauffe. Mais 40 % des logements n’en sont toujours pas équipés, et même parmi les logements les mieux notés en DPE (classe A), seulement 10 % offrent un confort d’été satisfaisant.
3 700 morts évitables
En 2024, 3 700 personnes sont mortes à cause de la chaleur. Un chiffre glaçant, que la Fondation qualifie de « non fatalité ». Car ces décès pourraient être évités si les logements protégeaient vraiment leurs occupants.
Et c’est bien là l’objet du plan d’action législatif que l’organisation a construit avec des députés de tous bords. Une proposition de loi transpartisane « Zéro Logement Bouilloire » doit être déposée à l’Assemblée nationale dans les prochaines semaines.
Ce que prévoit la proposition de loi
Le texte veut inscrire noir sur blanc la surchauffe dans la définition de la précarité énergétique, interdire les coupures d’électricité toute l’année, obliger l’affichage du confort d’été dans les annonces immobilières, et fixer un calendrier de rénovation progressive des logements bouilloires dès 2030.
Autres mesures notables :
Faciliter l’installation de protections solaires, y compris dans les copropriétés ou les zones ABF (Architectes des bâtiments de France),
Garantir que toutes les rénovations énergétiques traitent aussi le confort d’été,
Mobiliser 1 milliard d’euros par an pour financer des équipements légers mais efficaces, comme des brasseurs d’air ou des stores.
Une urgence sociale, écologique et sanitaire
Derrière l’aspect technique, le message est clair : il faut agir vite, collectivement et durablement. Car les solutions individuelles comme la climatisation généralisée risquent d’aggraver le problème à long terme.
La Fondation appelle donc à une mobilisation large : État, collectivités, professionnels du bâtiment, bailleurs sociaux… Tous sont invités à prendre leur part pour sortir des millions de Français de cette précarité d’un nouveau genre.





















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