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Climatisation : la France s’équipe contre la chaleur… mais à quel prix ?

Dernière mise à jour : 3 oct. 2025

© Shutterstock Écrit par Brickly avec AFP- Publié le 2 juillet 2025

En dix ans, le taux d’équipement en climatisation a presque doublé en France. Un réflexe face à la hausse des températures, mais aussi un levier de consommation énergétique majeur.

Chaud devant. Avec la multiplication des canicules et des vagues de chaleur, les Français s’équipent de plus en plus en systèmes de climatisation, malgré les effets négatifs que cela peut avoir sur le climat.


Le taux d’équipement des logements a fortement augmenté ces dernières années. En 2020, 25 % des Français étaient équipés d’un climatiseur, contre seulement 14 % en 2016, selon l’Ademe (Agence de la transition écologique).


Les pompes à chaleur


Entre 2013 et 2023, les ventes de pompes à chaleur (PAC) individuelles, qui servent à la fois de chauffage et de climatisation, ont triplé, atteignant 1,2 million d’unités. Parmi elles : plus de 910 000 PAC air-air (+13 % sur un an), 307 000 PAC air-eau (-14 %) et 3 500 PAC géothermiques (+18 %), d’après le ministère de la Transition écologique.


Les modèles les plus plébiscités sont les PAC air-air, qui fonctionnent grâce à des fluides réfrigérants et à une station extérieure captant les calories de l’air.« Les gens comprennent que ce n’est plus un luxe, et ils investissent aussi pour la partie chauffage », explique Stéphane Vivet, installateur à Taverny (Val-d’Oise).


Mais le marché connaît des ralentissements : selon la fédération Uniclima, les ventes de PAC air-eau ont chuté en 2024 et début 2025, en grande partie à cause de la suppression des aides MaPrimeRénov’ pour ce type d’équipement. Un recul également lié à la crise de la construction neuve, précise Stéphane Vivet.


Le ventilateur star des ménages


En parallèle, près de 3 millions de climatiseurs mobiles (avec évacuation par la fenêtre) et de ventilateurs sont vendus chaque année entre 2019 et 2022, selon le Gifam. Toutefois, les ventilateurs restent largement majoritaires : il se vend dix fois moins de climatiseurs mobiles que de ventilateurs.


L’équipement en climatisation varie fortement selon les territoires et les types de logements. Les maisons individuelles sont beaucoup plus souvent équipées que les logements collectifs, notamment dans les centres-villes anciens comme Paris, où les réglementations des Architectes des Bâtiments de France interdisent l’installation d’unités visibles sur les façades haussmanniennes.


La climatisation est également bien plus répandue dans le sud de la France. Alors qu’en Bretagne ou en Normandie, le taux d’équipement tourne autour de 10 %, il atteint près de 50 % sur le pourtour méditerranéen, selon André Mounier, doctorant au CIRED. Les achats de climatiseurs mobiles sont étroitement liés aux vagues de chaleur, tandis que les PAC, plus complexes à installer, ne sont adoptées que si le besoin s’est déjà fait sentir les années précédentes, observe-t-il.


« La climatisation, ce n’est pas l’horreur »


Mais cette montée en puissance de la climatisation pose question. Selon le Haut Conseil pour le Climat (HCC), l’essor rapide de ces équipements, combiné à une consommation énergétique accrue, entraîne une hausse des émissions de CO₂. En 2023, les émissions liées à la climatisation dans le bâtiment (résidentiel et tertiaire), calculées sur l’ensemble du cycle de vie des appareils, atteignaient 2,5 millions de tonnes équivalent CO₂ — contre moins de 10 000 tonnes par an avant 1996. Le HCC alerte sur un risque de “mal-adaptation” du pays face au réchauffement climatique.


Pour autant, certains experts appellent à nuancer. Jean-Marc Jancovici, président du think tank The Shift Project, rappelait récemment sur BFM TV que « la climatisation, ce n’est pas l’horreur », notamment parce qu’elle consomme de l’électricité surtout en journée — un moment où la production photovoltaïque peut la couvrir — et que plus des deux tiers de l’électricité française est nucléaire, donc peu carbonée.


Mais il avertit également : généraliser la climatisation pourrait aggraver les îlots de chaleur urbains. « La clim, c’est comme un frigo à l’envers : elle refroidit l’intérieur, mais chauffe l’extérieur. » Une étude menée en 2020 par le CNRS, Météo-France, l’École des Ponts ParisTech et le CIRED estime que si tous les logements de la région parisienne utilisaient la climatisation pendant une canicule, la température dans les rues augmenterait de 2,4 °C.

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